Liqueur

Ami, amie,

Lecteur, trice,

Glandeur, femme au foyer,

Il me vient soudain, pour une raison qu’il serait inutile d’expliquer, et si vous écoutez la même radio que moi au même instant, sans avoir été interrompu à ce moment précis par le chien du voisin qui a eu la mauvaise idée d’aboyer – le chien, pas le voisin quoique – juste au moment précis où ça devenait intéressant, parce que personnellement je n’ai pas écouté tout ce qui se disait auparavant, il me vient donc, disais-je avant que je ne sois interrompue par le chien de ton putain de voisin, l’envie d’évoquer un grand homme.

Cet homme, j’ai envie de le comparer à une liqueur. On peut la déguster en toute légèreté, pour se détendre et rechercher un peu d’ivresse, mais on s’aperçoit vite, si elle est à la hauteur, que l’idéal est de la savourer lentement, longuement, en recherchant tous les arômes, en listant tous les parfums, en détachant chaque sensation pour en apprécier toutes les qualités. Après le choc frontal de la rencontre entre le nectar et son palais, une douce chaleur nous envahit, il semble s’opérer une activité nouvelle en soi, dans son ventre puis dans sa tête. On goûte et regoûte alors pour ressentir à nouveau ces sensations, jusqu’à une sorte d’euphorie. Mais je me laisse emporter, je ne suis déjà plus trop sûre de mon propos. Ce que je veux dire, c’est que pour apprécier Desproges, il faut le savourer, l’écouter des deux oreilles pour n’en rien laisser échapper, et même l’entendre à nouveau pour être sûre de n’en avoir perdu aucune miette, d’en saisir toutes les subtilités. Je dis bien « écouter », car vois-tu, la lecture en reproduit bien trop mal les intonations et tout ce qui se cache derrière un silence bien placé, un murmure murmuré ou un rire forcé.

Je me permets donc pour ce jour de te renvoyer aux réquisitoires du Tribunal des Flagrants Délires de ce cher monsieur, en particulier celui contre Jean-Marie Le Pen, du 28 septembre 1982 (et ne me dis pas que tu n’étais pas né, si tu savais comme je m’en tape) :

« Aussi laisserai-je, maintenant, la parole à mon ami Luis Régo, qui poussa, naguère, ici même, le plus troublant des cris d’alarme : « Les chiffres sont accablants : il y a de plus en plus d’étrangers dans le monde. » »

 

 

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